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Hypersensibilité et surcharge émotionnelle
Il est souvent difficile de distinguer l’hypersensibilité avec le fait de « ressentir trop ». Pourtant, ce n’est pas la même chose.
L’hypersensibilité est un trait de tempérament, alors que la surcharge émotionnelle est souvent le résultat d’émotions accumulées, non exprimées ou non élaborées.
L’hypersensibilité correspond à ce que la recherche appelle la Sensory Processing Sensitivity, un mode de traitement plus profond des informations émotionnelles et sensorielles.
Rappelons-le, ce trait, décrit par Elaine Aron, concerne environ 15 à 20 % de la population et se caractérise par une forte réceptivité, une grande empathie et une profondeur de traitement, ce n’est pas un trouble.
À l’inverse, la surcharge émotionnelle peut apparaître chez n’importe qui. Elle se construit dans le temps : non-dits, émotions retenues, stress répété, adaptation permanente aux attentes extérieures.
Ce n’est plus une sensibilité de base, mais une accumulation.
Quand les émotions ne sont pas mises en mots ni intégrées, elles continuent d’agir en arrière-plan et finissent par saturer notre système émotionnel,
comme un sac qui se rempli et fini par déborder.
Une personne hypersensible peut ressentir de l’apaisement si ses émotions sont acceptées, reconnues et travaillées.
Une personne qui n’est pas forcément hypersensible peut se sentir débordée après des mois ou des années d’émotions contenues.
Ce qui fait la différence n’est pas seulement l’intensité du ressenti, mais la manière dont les émotions circulent — ou restent bloquées.
Il est donc important de ne pas confondre les deux :
- L’hypersensibilité n’est pas un trop-plein,
- La surcharge émotionnelle est souvent une histoire d’accumulation.
Et derrière cette accumulation, il y a souvent ce qui n’a pas été dit, pas entendu, pas reconnu — parfois depuis longtemps.
